Enfin l’installation d’un jeune médecin à Soyaux ! Mais dans quelles conditions…

Plaidoyer pour une offre de santé moderne sur notre ville.

Avec la distribution du dernier « Soyaux Mag » nous apprenons l’installation future du Dr Philippon sur la commune. A priori en septembre prochain.
Nous nous réjouissons de son arrivée et nous tenons, au nom du collectif DéCiDeS, à lui souhaiter la bienvenue. Nous espérons sincèrement qu’elle puisse trouver ses marques sur notre commune, et que son engagement pourra se poursuivre au-delà des 3 ans prévus par son contrat (CDD).
Voilà de nombreux mois que nous préconisions la recherche d’un médecin généraliste qui ait aussi la qualification de « maître de stage » pour former des étudiants en médecine à ses côtés : nous avons été enfin entendus.

Il était grand temps : nous n’avions aucune nouvelle installation de médecin généraliste depuis plus de 20 ans, pas plus que nous n’avions de médecins formés à être maîtres de stage jusqu’à alors. Pourtant la quasi-totalité des communes voisines de Grand Angoulême ont connu l’installation de jeunes médecins ces 10 dernières années, en particulier grâce au travail de cabinets volontaires pour accompagner des internes en médecine (l’exemple de l’isle d’Espagnac, voisine de Soyaux, est frappant). Nous le savons, 70% des internes en médecine désirent s’installer en cabinet libéral. Encore faut-il créer les conditions d’exercice adéquates pour une médecine moderne, faite de collaboration active avec les autres professions de soins...

Alors, disons- le comme nous le pensons, une installation d’une jeune médecin (39 ans) à Soyaux est assez inespérée tant les conditions d’installation restent aussi peu accueillantes que mal préparées.
Tout d’abord, nous apprenons à notre grand désespoir que le Dr Philippon n’aura pas d’autre choix que de s’installer seule dans les locaux de la clinique de Soyaux ... parce que le Centre municipal de santé, inauguré il y a à peine 6 mois, est connu comme étant beaucoup trop petit (il est plus petit que bon nombre de cabinets de groupes en France !).
Bon nombre de questions se posent dés-lors : aura-t-elle une secrétaire physique à ses côtés ? Aura-t-elle la place pour recevoir un étudiant ?  Supportera-t- elle tout simplement d’être mise à l’écart de ses collègues travaillant, eux, sur le centre de santé même ? Nous savons que plus aucun jeune médecin ne veut s’installer seul. Les jeunes médecins s’installent en groupe pour lutter contre la solitude, mais aussi pour mettre en commun leurs réflexions que ce soit d’ordre matériel (aménagement du cabinet, procédure d’accueil des patients), d’ordre humain (face à un patient difficile ou agressif), ou d’ordre médical (échanger « au lit du patient » face à un problème dermatologique par exemple).
Combien de temps réel devra-t-elle patienter seule, avant de rejoindre ses collègues ? On nous promet l’extension du centre dans un an …mais comme chacun sait, les travaux traînent parfois en longueur…

A travers ces diverses remarques et questions, nous touchons du doigt la précipitation avec laquelle ce centre de santé a été créé à 2 mois des élections, dans une impréparation confuse (habitants non consultés, syndicats de médecins non consultés, syndicats étudiants non consultés, professions paramédicales non consultées... ). Un projet de santé pour une commune se prépare en 5 à 10 ans, soit l’équivalent de 1 à 2 mandats municipaux, avec la participation conjointe des médecins généralistes mais aussi de tous les autres soignants de la ville.

Pour terminer, DéCiDes a fait l’analyse que l’idée d’un Centre de santé, uniquement financé par la commune, était non seulement dangereuse sur le plan financier (les dépenses de santé ont explosé sur Soyaux, au détriment du secteur éducatif par exemple), mais aussi inappropriée sur l’offre de soins  à proposer sur le long terme aux habitants d’une commune de cette taille.
Pour notre part, nous avons proposé de longue date la création d’une Maison de Santé Pluriprofessionnelle (MSP), modèle qui est train de s’imposer en Charente, comme en France entière. Que ce soit au sein de Grand Angoulême, ou comme dans bon nombre de secteurs ruraux (Isle d’Espagnac, Ruelle, la Couronne, Angoulême, Saint -Yrieix, Dignac, Montbron, Roumazières, etc.), la MSP est le seul modèle qui permet de réunir divers soignants de l’accès aux soins de premier recours. Les généralistes, infirmières, kiné, podologues, psychologues, sage-femmes, dentistes, pharmaciens, y collaborent au sein d’une même structure, avec un projet de santé travaillé au bénéfice des patients et des soignants : création de protocoles, amélioration des pratiques, formation des étudiants, etc.
Voilà des conditions d’exercice modernes, dignes des soignants, permettant qu’ils s’installent à long terme, avec un projet de soin partagé, évolutif, au sein d’une équipe dynamique et en constant renouvellement.

 

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